Alors que les négociations entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation doivent reprendre la semaine prochaine, des tensions internes secouent le mouvement syndical. Deux organisations, le Syndicat national de l’éducation (SNE) de Michel Pépé Balamou et la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE) de Salifou Camara, ont déclenché une grève ce vendredi, malgré les avancées obtenues lors des discussions.
Une décision que le président du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, désapprouve fermement. Lors d’une rencontre tenue au siège du SLECG ce samedi 29 novembre, il a annoncé sa totale désolidarisation de ce mouvement.
« La grève est la dernière arme du syndicalisme »
Très critique envers ses pairs, Aboubacar Soumah estime que la procédure syndicale n’a pas été respectée.
« La grève est la dernière arme du syndicalisme. Si tu ne connais pas ça, tu n’es pas un syndicaliste », a-t-il déclaré, reprochant aux syndicats grévistes d’agir sans tenir compte des discussions encore ouvertes avec le gouvernement.
Il affirme avoir été écarté lors de l’élaboration de l’avis de grève :
« Ils m’ont talonné pour que je signe, mais je leur ai dit que je ne signerai pas. Tant qu’il y a dialogue, un syndicat n’a aucun droit de déclencher la grève. »
Des acquis déjà obtenus
Le président du SLECG rappelle que plusieurs points de revendication ont déjà connu des avancées significatives.
Parmi les 11 points soumis au gouvernement, plusieurs ont été partiellement ou totalement satisfaits, notamment :
Le déblocage des salaires, de 2023 à maintenant.
La remontée des dossiers exigée avant le 25 du mois.
La mise en place d’une commission chargée de vérifier les cas de déblocage pour éviter toute irrégularité.
Concernant les enseignants contractuels, il précise que les discussions se poursuivent :
« Ils veulent les recruter par concours. Nous avons dit que ce n’est pas un plaidoyer, mais une exigence : les anciens doivent être recrutés sans concours. »
« Nous attendons lundi »
Pour Soumah, toute décision doit attendre la reprise des négociations :
« Si les ministres nous donnent une réponse favorable lundi, il n’y aura pas de grève. Nous ne sommes pas contre la grève, mais elle ne se déclenche que lorsque toutes les voies de recours sont épuisées. »
Appel au calme du ministre de l’Éducation
Le ministre de l’Éducation, Jean-Paul Cédy, présent également dans une rencontre à Conakry ce samedi, a appelé les syndicats à faire preuve de responsabilité en cette période électorale. Il les a invités à privilégier « l’intérêt supérieur de la nation, la paix et la cohésion sociale ».
Mamadou Kouyaté 628 38 09 89



