Après les professionnels des médias, le président de la Haute Autorité de la Communication a reçu les candidats, leurs représentants et leurs mandataires ce samedi 29 novembre, au siège de l’institution.

La rencontre s’est tenue dans la salle historique de la HAC. Au cours de cette réunion, Yacine Diallo a longuement expliqué, en détail, les dispositions prises par son institution pour le bon déroulement de la campagne électorale sur toute l’étendue du territoire national, du point de vue de la communication.

« Je voudrais souhaiter la bienvenue aux candidats ou à leurs mandataires dans cette salle historique. Pour ceux qui ne le savent pas, j’espère qu’ils ne sont pas nombreux, c’est dans cette salle que l’indépendance de la Guinée a été proclamée. La tribune qui se trouve derrière moi a été préservée.

Avant la proclamation de l’indépendance, c’est ici que la Guinée a choisi son nom, sous la voix du président Ahmed Sékou Touré. Il suffit de regarder les images derrière et les phrases visibles pour comprendre que la Guinée est un pays fier, fier de son histoire, et cette histoire se poursuit. Aujourd’hui, nous allons vers une élection présidentielle.

Il y a quelques semaines, ou plutôt quelques mois, nous avons organisé un référendum. La Constitution a été adoptée par le CNT et promulguée par le président de la République. Dans cette Constitution, un nouvel organe de régulation des médias a été créé : la Commission de Régulation de la Communication et de l’Audiovisuel. Certains pourraient se demander ce que la HAC a à y faire. Je les renvoie à la Constitution, qui fait dérogation pour stipuler que, jusqu’à la mise en place de cette Commission, la HAC applique cette partie de la Constitution et, bien sûr, du Code électoral. Du point de vue juridique, nous sommes donc fondés à conduire cette campagne médiatique.

D’ailleurs, le décret pris par le président de la République, fixant les dates d’ouverture et de clôture de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 28 décembre, donne mandat à la HAC, expressément nommée, de réguler les médias pendant toute la durée de la campagne. Voilà le fondement juridique, voilà le fondement administratif : nous sommes dans nos pleins droits de gérer et de réguler cette campagne.

C’est dans ce cadre que, déjà hier, nous avons rencontré les médias du service public et privé, tous organes confondus, y compris les médias numériques, parce que, dans la nouvelle Constitution, la régulation des médias numériques relève désormais de la Commission de Régulation. Nous avons donc expliqué aux journalistes et aux directeurs d’organes l’impératif de respecter le principe d’égalité entre les candidats. C’est la première mesure mentionnée dans nos décisions : l’égalité parfaite entre les candidats.

Ils sont neuf, ils doivent être traités de la même manière dans les médias, qu’ils soient publics ou privés. Bien sûr, nous avons publié deux décisions. La première concerne les médias du service public.

Pendant le référendum, le choix se portait soit sur le “oui”, soit sur le “non”. Nous avons eu beaucoup de difficultés à gérer la campagne, car il fallait donner la parole à tout le monde, tout en respectant le principe d’égal accès. Nous avons rencontré de nombreux soucis, car les éléments de campagne venaient de partout et de plusieurs sources, parfois inconnues et impossibles à identifier.

Aujourd’hui, il s’agit d’une élection présidentielle. Les candidats sont clairement connus, leur liste a été publiée par la Cour suprême. Lorsqu’ils ne participent pas personnellement à la campagne, ils désignent des mandataires, des directoires de campagne, et parfois des directoires adjoints. Je voudrais vous rassurer : nos interlocuteurs seront clairement identifiés. Soit le candidat lui-même, soit son mandataire dûment désigné, ou les adjoints choisis par ce dernier. Une campagne présidentielle se déroule sur l’ensemble du territoire national.

On ne peut donc pas imaginer qu’un candidat ou un seul mandataire soit présent partout et en même temps. Ainsi, le candidat peut participer personnellement, ou désigner un mandataire, lequel peut aussi mandater d’autres représentants, avec un mandat écrit. Tous ceux qui n’auront pas un mandat écrit n’accéderont pas aux médias du service public. Nous n’accepterons pas qu’une personne se présente pour parler au nom d’un candidat alors que celui-ci ou son mandataire ne la connaît même pas.

C’est le premier principe. Le deuxième concerne les médias du service public, notamment la radio et la télévision. Dans notre décision, nous vous donnons accès pendant toute la durée de la campagne. Nous avons ouvert trois créneaux pour chaque parti ou chaque candidat.

Le premier créneau est le journal de campagne, traditionnel. Chaque candidat ou parti ayant présenté un candidat dispose d’un temps d’antenne quotidien de sept minutes. Vous êtes neuf, cela représente environ une heure à une heure quinze minutes. Chaque soir, si vous le souhaitez, vous disposez de sept minutes dans le journal de campagne.

Je n’aimerais pas que les gens confondent le journal de campagne avec le journal du 20h30, car pendant le référendum, des candidats se plaignaient que leurs éléments n’avaient pas été diffusés, alors qu’ils regardaient le 20h30. Le 20h30 reste un journal normal, dans lequel aucune campagne ne peut être faite. Le journal de campagne est diffusé juste après le 20h30.

Le deuxième créneau est l’émission Face aux électeurs. Nous voulons donner la possibilité au candidat, à son mandataire ou à son représentant de se mettre face aux électeurs pendant 60 minutes. Durant ces 60 minutes, ils seront interrogés par trois journalistes : deux choisis par la RTG et un choisi par le candidat. Les journalistes doivent obligatoirement être détenteurs de la carte professionnelle de presse. L’émission sera diffusée une fois par candidat, entre le 16 et le 24, à raison d’un candidat par soir, selon l’ordre de la liste de la Cour suprême. Cette émission permet aux candidats d’expliquer leur projet de société. Les journalistes ont l’interdiction d’attenter à la vie privée ou à l’image du candidat.

Le troisième créneau est Cinq minutes pour convaincre. À la fin de la campagne, il est bon de donner la parole au candidat ou à son représentant pour adresser un dernier message. Les cinq minutes pour convaincre seront diffusées le 25 décembre, dernier jour de campagne. L’émission durera 45 minutes en tout : cinq minutes par candidat. Le contenu est libre : images, déclaration, montage, etc. Elle sera diffusée juste après le journal de campagne.

Exceptionnellement, le 25, les manifestations pourront être couvertes si les éléments sont transmis avant 18 heures, pour permettre leur traitement.

Les trois émissions sont produites par le candidat, son mandataire ou son directeur de campagne. Les journalistes n’interviennent pas dans le contenu.

Vous devrez désigner des interlocuteurs pour la commission de visionnage. Cette commission regarde attentivement les éléments produits. Elle vérifiera que ceux-ci respectent les règles. Mais la production du contenu vous revient. Nous mettrons à votre disposition une équipe multimédia composée d’un caméraman, d’un monteur, d’un journaliste de Horoya et d’un journaliste de l’Agence Guinéenne de Presse. Le caméraman filme uniquement ce que vous demandez. Le monteur vous accompagne et monte vos éléments sur place, afin qu’ils soient rapidement transmis à la RTG.

L’État prend entièrement en charge l’achat du matériel, les déplacements, le véhicule, les primes et la restauration. Je remercie la Directrice générale des élections qui a permis cela. C’est pour garantir l’égalité entre les candidats. Les équipes vous seront attribuées par tirage au sort.

Vous devez fournir votre agenda afin que l’équipe puisse vous suivre. Toute activité doit être signalée 24 heures à l’avance à la commission de visionnage. J’ai décidé de présider moi-même cette commission, car elle est chargée d’exercer la censure si nécessaire. Il y a des interdits : ceux de la Constitution, du Code électoral et de nos décisions. Toute parole incitant à la violence sera coupée. Vous serez informés par courrier, et vous aurez la possibilité de saisir la Cour suprême, qui statuera en 48 heures.

J’espère qu’aucune censure ne sera nécessaire. Mais tout élément contraire à la loi ne sera pas diffusé. Si la Cour ordonne la restauration d’un élément censuré, celui-ci sera diffusé en plus de votre élément du jour.

Pour chaque élément, vous remplirez une fiche de montage indiquant la date, le lieu, les intervenants et les durées. Cette fiche, signée par les personnes mandatées, est indispensable pour la diffusion et pour toute éventuelle saisine de la Cour suprême. Une fiche correspond à une journée. Seules les personnes mandatées pourront la signer.

Je prends le temps d’expliquer cela pour éviter tout malentendu.

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