Arrivé deuxième avec 349.129 de voix, soit 6,59 %, derrière le Président élu Mamadi Doumbouya au terme de la proclamation des résultats taux globaux de l’élection présidentielle du 28 décembre dernier par la Direction générale des élections (DGE), Abdoulaye Yéro Baldé a pris la parole ce mercredi 31 décembre de le siège de son parti à Lambayi dans la Commune du même nom.

Le désormais principal opposant
du régime Doumbouya, le leader du FRONDEG, a dans une déclaration faite ce mercredi lors d’un point de presse, contesté les résultats.

Ci-dessous la déclaration👇

Le Peuple a parlé. L’Histoire retiendra.

Annonce solennelle à la République

Mes chers compatriotes, Guinéennes et Guinéens,

Les résultats officiels annoncés nous placent en deuxième position. Mais je dois vous dire la vérité telle qu’elle est: ces chiffres ne reflètent pas votre volonté. Là où les citoyennes et les citoyens ont pu voter librement, sans pression ni intimidation, là où les procès-verbaux ont pu être établis et transmis normalement, le verdict populaire a été clair : le peuple nous a placés en tête. Nous allons user de toutes les voies légales pour exiger un rétablissement de la vérité.

Tout le monde connaît les conditions dans lesquelles ces résultats ont été produits, et tout le monde comprend ce qu’ils signifient. Ce n’est pas seulement un score que l’on annonce : c’est une suppression de la souveraineté du citoyen. Mais on n’efface pas une nation, on n’étouffe pas durablement une volonté populaire.

Ces résultats fabriqués ne nous affaiblissent pas. Ceux issues réellement des urnes clarifient la réalité politique de notre pays. Ils établissent publiquement une évidence: nous représentons aujourd’hui le principal choix civil, la principale alternative, celle autour de laquelle des millions de Guinéens se sont levés avec courage et dignité.

Avec ce soutien vient une responsabilité. Nous mesurons pleinement les attentes placées en nous, ainsi que les risques auxquels notre pays est confronté. Et c’est précisément pour cela que nous le disons avec gravité : nous n’appellerons pas notre peuple à se mettre en danger. Notre lutte est politique; elle est stratégique; elle est tournée vers la construction, pas vers la destruction. Diriger, c’est savoir quand la pression existe savoir quand ne pas la relâcher, sans jamais sacrifier des vies. et

Le message envoyé par les Guinéens n’était pas un appel au désordre. C’était un appel à des solutions: des écoles et des enseignants, des hôpitaux et des soignants, des emplois pour la jeunesse, des routes et des infrastructures, de l’énergie, et un État qui fonctionne.

avec discipline, efficacité, intégrité et respect pour ses citoyens. Ce programme que nous avons proposé a été plébiscité partout où les citoyens ont pu s’exprimer librement. Les suffrages qu’ils nous ont accordé constituent un véritable mandat civil.

Parce que nous portons ce mandat, nous faisons un choix délibéré. Nous choisissons la responsabilité plutôt que la confrontation. Nous choisissons la fermeté dans la vérité, mais aussi le dialogue plutôt que la violence. Nous ne nous déroberons pas à notre devoir, et nous ne laisserons pas ce mandat être effacé par le déni.

La stabilité ne peut pas se construire sans représentation civile. Toute démarche sérieuse visant à faire avancer le pays, à apaiser les tensions et à traduire les priorités du peuple en actions concrètes doit passer par la représentation civile issue de cette élection, celles des élections à venir et par le respect de la voix des citoyens. Il n’y a pas de paix durable dans l’injustice, pas d’avenir solide dans le mensonge: il n’y a de stabilité réelle que dans la légitimité.

Nous sommes prêts à assumer notre responsabilité de pilier central de la vie nationale, dans un esprit de patriotisme et de respect des institutions, afin que la Guinée avance dans la paix, la dignité et la stabilité avec une exigence non négociable: le respect de la souveraineté du peuple.

L’avenir de la Guinée sera décidé par les Guinéens. Les gouvernements passent. Le peuple reste. Et nous restons avec lui.

Notre responsabilité ne s’achève pas avec cette élection elle est aujourd’hui plus engagée que jamais à faire de la Guinée un pays juste, prospère et démocratique.

Notre position reste ferme. Ces résultats ne reflètent pas la réalité des urnes. Nos équipes juridiques sont déjà mobilisées pour engager les recours nécessaires auprès de la cour suprême.

Conakry, le 31 décembre 2025.