La campagne de sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG), entamée le 25 novembre dernier dans le cadre des 16 jours d’activisme, se poursuit à Conakry. Ce vendredi 26 décembre, le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, avec l’appui technique et financier de l’UNFPA, à travers son point focal et des personnes ressources, a organisé une cérémonie de sensibilisation et d’information des populations, notamment de la couche juvénile féminine, sur les VBG à Entag Nord, dans la commune de Tombolia avec pour slogan stoppe aux VBG.

La cérémonie a démarré par une mise en scène illustrant des violences basées sur le genre, notamment les violences numériques contre les femmes, telles que le harcèlement par le partage de vidéos et de photos intimes sur les réseaux sociaux, ainsi que les conséquences juridiques liées aux VBG.

« Cette activité est un dialogue communautaire sur les violences basées sur le genre (VBG). L’objectif principal est de sensibiliser, d’informer et de conscientiser la population sur les actes que l’on peut qualifier de violences basées sur le genre, qu’il s’agisse de violences physiques, verbales ou numériques. Le thème des 16 jours d’activisme de cette année porte sur les violences numériques. C’est pourquoi les messages véhiculés portent essentiellement sur cette problématique. De nos jours, les femmes et les filles sont particulièrement victimes de harcèlement. Cela peut survenir lors d’échanges de photos entre partenaires, et lorsque la relation prend fin, certains hommes se livrent à des actes de chantage. Nous sommes là pour sensibiliser et informer les femmes et les filles que ces actes constituent des violences basées sur le genre. En cas de victimisation, il existe des actions à entreprendre, car la loi encadre ces pratiques et les sanctionne. Il est important de rappeler aux femmes et aux filles qu’elles disposent de lois et d’autorités pour les protéger contre les VBG », a expliqué Abou Maïmouna Diallo, l’un des responsables clés de la campagne de sensibilisation à Entag Nord.

Fatoumata Kaba, participante à la cérémonie, a rappelé que la femme n’est pas un objet que l’on peut utiliser puis abandonner. Elle mérite respect et considération. Elle a profité de l’occasion pour prodiguer des conseils à ses amies afin qu’elles préservent leur dignité.

« Si je suis ici aujourd’hui, c’est pour participer à cette activité de lutte contre les violences faites aux femmes. Une femme n’est pas un objet que l’on peut utiliser et jeter après. Elle a droit au respect. Le conseil que je donne à mes amies, c’est d’éviter d’envoyer leurs images ou vidéos à des hommes, peu importe l’amour qui les unit. Il ne faut jamais le faire, même si l’homme promet monts et merveilles. Il faut garder sa dignité, car aucun homme ne doit l’acheter. On ne sait jamais ce qu’un homme peut faire demain avec ces images lorsqu’une relation prend fin », a-t-elle déclaré.

Selon le point focal chargé de la mutilation génitale féminine au ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, les VBG sont profondément enracinées dans les mœurs, et leur éradication passe par une sensibilisation méthodique et progressive des populations.

« Il s’agit d’échanges avec les communautés d’Entag Nord afin de les sensibiliser sur les violences basées sur le genre. Ces violences touchent aussi bien les femmes, les filles, les enfants que les hommes, mais affectent davantage les femmes, notamment en ce qui concerne la mutilation génitale féminine, le mariage précoce et les violences conjugales. Le changement de comportement passe par la sensibilisation. Même si la loi est appliquée dans la lutte contre les VBG, ces pratiques étant ancrées dans nos mœurs, il faut progressivement amener les populations à les abandonner », a déclaré Souleymane Camara.

Pour Abou Maïmouna Diallo, cette activité s’inscrit dans la continuité des 16 jours d’activisme. Trois principales actions ont été menées : des caravanes physiques dans les différentes communes de Conakry, des caravanes numériques à travers des web-humoristes et influenceurs, ainsi que des dialogues communautaires et intergénérationnels de sensibilisation de masse.

« J’invite les victimes de violences basées sur le genre à ne pas avoir honte de dénoncer. La dénonciation permet non seulement d’obtenir justice, mais aussi de dissuader d’autres personnes de commettre ces actes et d’éviter des sanctions pénales », a conclu le directeur exécutif de You Fondation Guinée.

Mamadou Kouyaté
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